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Scenarii pour l’évolution du métier de coach – Collectif

Dans le cadre de la formation Vision et Excellence© animée par Nicolas Schilfarth, notre groupe s’est penché sur les évolutions possibles du métier de coach – individuel, d’équipes ou d’organisation – dans les 10-15 prochaines années.

Nous vous livrons ici le fruit de ce travail avec 3 scenarii aux contours et aux conséquences très différents pour notre métier. Ces scenarii ont été élaborés en prenant appui sur une analyse des parties prenantes, puis des facteurs internes et externes à la profession qui, traduits en variables, ont permis la formulation d’hypothèses optimistes, tendancielles et pessimistes.

Votre avis sur l’évolution qui vous semble la plus probable nous intéresse : c’est dans cet esprit que nous vous invitons à répondre au « sondage » qui termine l’article et à partager vos réactions en ajoutant un commentaire !

En tout cas, à diffuser largement dans vos réseaux !

Scénario optimiste :
UN MONDE MEILLEUR POUR LE COACHING – LE COACHING POUR UN MONDE MEILLEUR

La montée des tensions dans les organisations développe les besoins d’accompagnement et la prise de conscience politique. L’état intervient en créant des dispositifs financiers supportant le coaching.

En se professionnalisant, les écoles développement la légitimité du métier aux yeux du grand public.

Les médias développent la montée en notoriété et la facilité d’accès au coaching.

Un nombre croissant d’acteurs coexistent :

  • Coachs indépendants ;
  • Coachs organisés en réseau ;
  • Coachs membres de grosses structures s’investissant dans le métier (conseil, formation, out placement) ;
  • Coachs internes.
Scénario tendanciel :
JUNGLE COACHING

Dans un monde où la montée du chaos et des risques psycho-sociaux génère une perte de sens et la montée des peurs pour les individus,

  • Les demandes d’aide et d’accompagnement augmentent, plutôt véhiculées par le levier classique « formation » dans la mesure où le coaching n’est pas financé par les OPCA.
  • Le marché se scinde entre les clients qui ont une approche plus mature des moyens, et ceux qui restent dans les approches plus classiques orientées formation. Le niveau d’exigence des clients est différent selon leur maturité ;
  • L’augmentation des demandes et des budgets entraîne une tension sur les prix pour les marchés concurrentiels.

L’augmentation du nombre de coachs s’accompagne d’une exigence d’accréditation des coachs, selon les référentiels actuels qui évoluent peu.

Faute de régulation par l’état – et maintien du non-financement par les OPCA – le paysage ressemble de plus en plus à une jungle :

  • Compétition pour se différencier ;
  • Pratiques délictueuses pour obtenir les financements ;
  • Risques de dérives des pratiques, du fait de la multiplication des approches.
Scénario pessimiste :
CATA-COACH

Le nombre croissant de coachs sature un marché par ailleurs banalisé par l’utilisation tous azimuts de l’appellation « coach ».

Parallèlement, les organismes accréditeurs privés (ICF, SFC, AEC, …) parviennent à faire valoir – notamment par des actions de lobbying auprès des entreprises et de l’État – leurs normes d’accréditation sur toute la chaîne de valeur. Les nombreux coachs non accrédités n’accèdent plus au marché.

Dans un contexte de crise, les entreprise privilégient fortement la dimension économique et les restrictions budgétaires au détriment de l’humain, et contrôlent systématiquement leurs dépenses en les confiant à des services Achats qui régulent le marché par les prix.

Dans certains cas, la demande s’assèche.

Dans le même temps, sous la double poussée :

  • de l’utilisation abusive des fonds de formation pour financer des actions de coaching,
  • et de la médiatisation d’interventions dommageables en entreprise,

l’État intervient avec un nouvel arsenal règlementaire qui déprime le marché.

Damien Babinet, Richard Barian, Philippe Fournié, Marie Hendrick, Jean-Denis Joubert, Emmanuel Jung, Diana Manneh, Florence Prats, Nicolas Schilfarth

[EDIT] Le sondage est fermé, en voici les résultats :

scenarii coaching

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Vision - Transformation - Nicolas sSchilfarth

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4 commentaires

  • Frédérique LEMBEGEle 9 décembre 2013  

    Votre démarche m’a fortement intéressée et en même temps je suis restée sur ma « faim » à la lecture des 3 scénarii proposés.
    Mon sentiment, sans avoir malheureusement en cette fin d’année avoir le temps de m’y pencher plus:
    On pourrait presque prendre les 3, les mélanger et proposer encore d’autres solutions.
    Quels sont les éléments qui, pour sûr, seront identiques dans 10/15 ans et ceux qui auront irrémédiablement changés ?…
    Quel est le poids du pouvoir d’action des coachs dans l’impact sur leur avenir ?…
    Merci pour votre partage

  • Olivier Brutusle 9 décembre 2013  

    Merci pour cet article qui pose les bases d’une réflexion sur notre métier et notre marché.
    Je crois que la situation actuelle va perdurer et évoluer aussi d’autant que les scénariis ne sont pas si disctincts / cloisonnés à priori.
    Le marché du coaching est plus ou moins mature en fonction des pays comme le démontre la dernière étude de l’ICF.
    Je travaille sur Genève et constate chaque jour les différences (notamment culturelles) avec Paris.
    C’est de mon point de vue aussi un marché de l’offre et de la demande, ce qui est positif en soi mais demande beaucoup d’effort de différenciation notamment.
    De manière général le niveau des coachs n’est pas mauvais du tout et leur diversité est une belle richesse aussi.
    Le problème reste que quelques uns sont présents partout (et se posent en étendard de notre profession) et que beaucoup manquent de confiance en eux pour affirmer leur différence et leur richesse…
    Le fait que tant de personnes deviennent coachs ou anciens coachés augmentent le niveau de maturité des prescripteurs et des futurs coachés, et limitent de ce fait les abus éventuels et autres dérives que l’on a pu connaitre dans le passé. Une DRH chez un leader de l’immobilier me parlait d’un coach qui accompagnait depuis 3 ans le PDG sans contrat (quid de l’autonomisation du coaché ?) qu’elle avait réussi à virer tellement il était impliqué dans le système.
    Des études semblent montrer des taux de satisfaction élevés des prestations, ce qui est encourageant.
    Nous ne sommes cependant pas à l’abris d’une légifération de l’état dans une logique de contrôle surtout avec les débats actuels sur les budgets de formation… d’autant que les actions de coaching ne sont pas censés en faire partie d’un point de vue légal si j’ai bien compris. Il nous faut espérer que cela soit dans ce cas sur des critères pertinents comme l’accréditation (processus porteur de sens et de réassurance), ou au minimum la reconnaissance des écoles et la preuve de la pratique régulière de la supervision …
    A nous d’être acteurs par notre pratique exemplaire. Je crois beaucoup à cet outil qui devra évoluer et s’enrichir encore.
    Nous allons devoir sans doute apprendre à travailler plus vite ou à faire des actions ponctuels, plus ciblées (pour « démontrer » le ROI?) et rendre accessible cet outil au plus grand nombre. Les managers intermédiaires ne sont pas souvent coachés malheureusement.
    Nous allons sans doute devoir intégrer d’autres outils comme la médiation pour intervenir au bon endroit.
    La formation du plus grand nombre n’est pas un problème de mon point de vue – car c’est aussi un outil de développement personnel et managérial – à condition de ne pas trop faire rêver, ne pas trop créer de frustrations… Au écoles de prévenir que peu « d’élus » peuvent en vivre et d’avoir une rigueur dans leur en instaurant autant que possible des échanges avec des anciens mais aussi des supervisions pour développer la pratique en situation réelle mais dans de bonnes conditions.
    Les services achats (surtout des grandes entreprises consommatrices) prennent de plus en plus la main en ce moment – heureusement les référencement sont fait assez souvent par des coachs seniors – mais ces démarches fastidieuses en rebutent beaucoup et pas que les moins expérimentés malheureusement.
    Un ami en charge du référencement des coachs pour un ministère me confirmait vouloir choisir 3 cabinets puis certains coachs au sein de ces derniers.
    Parmi le critère aussi l’assise financière, l’accumulation d’expériences, le nombre d’intervenants expérimentés, … et la capacité à remplir des dossiers administratifs sans fin comme pour la Poste dernièrement. Dans ce contexte les cabinets sont avantagés même si les groupement de coachs ont aussi leur chance.
    Les coachs indépendants vont’il devoir se « contenter » des PME PMI ?
    A nous d’influer sur ce futur par notre pratique et nos échanges.
    Votre action au sein de « coach abondance » est exemplaire en cela.
    Pourquoi pas un colloque avec toutes les associations professionnelles sans à priori pour en dessiner les contours un de ces jours ?
    De belles missions à tous

  • Sylvie Exbrayatle 28 décembre 2013  

    Voilà je me lance et vous soumets en toute humilité mon commentaire sur le coaching en général, étant coach certifiée, je le fais sur un ton un peu provoc et avec humour car je pense que le premier piège du coach est de se prendre au sérieux… Le coaching est une « nouvelle méthode d’évolution », « tendance » répondant au besoin éternel de l’humain d’aller vers cette « verticalisation » de lui même pour mieux se comprendre et résoudre ses problématiques intérieures (lesquelles évidemment rejaillissent et compliquent sa vie extérieure) en utilisant toujours de nouveaux véhicules; pour donner du sens à son évolution et positionner celle-ci dans une « mondialisation » globale de son univers actuel. En 2014 (nous en sommes à quelques jours) bon nombre d’entre nous est à la recherche de moyens, de techniques, qui correspondent d’avantage à notre niveau d’évolution et beaucoup sont totalement perdus dans un environnement qui tient plus de la jungle que du parcours balisé et défriché. Pourquoi se leurrer, l’évolution de notre condition humaine, individuelle comme collective est la seule question qui vaille depuis la nuit des temps. Dans ces conditions, exercer le métier de coach est particulièrement difficile et périlleux, en vivre tient de l’exception. Aussi votre réflexion arrive à point nommé et je la trouve particulièrement courageuse et lucide. En réalité, n’ayant pas de boule de cristal, désolée, je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Mais ce dont je peux témoigner avec certitude c’est que ma formation, puis ma pratique du coaching ont réellement eu un impact décisif sur mon chemin intérieur et mon parcours de vie s’en est naturellement trouvé profondément transformé. En conséquence je pense que le « champ des possibles » est en plein labourage, la récolte ne dépend pas que du laboureur mais son travail n’en demeure pas moins fondamental ! Belle année 2014 à toute votre équipe et à toutes les lectrices et lecteurs de « Coach Abondance » !

  • Daniel POLYle 4 janvier 2014  

    J’ai coché la case « scenario tendanciel » sans conviction, car mon avis est que les signes du marché du coaching actuel est que nous constatons à la fois un nombre croissant d’acteurs où de plus en plus d’entre nous ne s’en sortent pas mal ET une offre pléthorique avec des prix qui se tendent ET des utilisation abusives (et dangereuses pour ceux qui les pratiques) de financement de coaching maquillés en formation, avec des médias qui véhiculent une image dommageable. Tout cela cohabite et risque fort de continuer à cohabiter pendant quelques années encore (votre sondage prospectif ne précise pas à quel terme se situe la projection).
    Et en même temps, je ne me fais aucune illusion sur un « financement aidé » par les pouvoirs publics. Il serait naïf de le penser vu les centaines de millions d’euro en jeu. La priorité est et sera le financement de la formation des « bas niveaux de qualification » pour l’accès à l’emploi ou du parcours de formation tout au long de la vie professionnelle. Ce que l’on peut tout au mieux attendre des pouvoirs publics serait le financement du retour à l’emploi grâce au coaching. Je suis persuadé que cette voie va se développer (les médias en parlent, il y a quelques belles expérience réussies…). MAIS à quel tarif ?
    Quoi qu’il en soit le coaching acquiert de jour en jour plus de crédibilité auprès des décideurs et le marché est et sera pour une longue période en croissance. Le problème bien connu de tous est que l’offre reste et restera durablement supérieur à la demande. C’est la rançon du succès de notre beau métier !!
    Selon moi (et pour faire court dans ce commentaire) la principale voie d’évolution sera toujours notre capacité à démontrer notre professionnalisme et cela passe par les certifications des coachs, les accréditations des écoles et des superviseurs. Les 3 principales associations de coches ont donc intérêt à poursuivre et amplifier ce qu’elles ont initié en se mettant d’accord sur un processus similaire de certification. Car effectivement à l’avenir il n’y aura « pas de salut » pour les coaches non certifiés. BONNE ANNÉE 2014


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