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La tentation de la morale – Jean-Paul Sauzède

Jean-Paul Sauzède nous fait l’amitié de partager son humeur et ses mises en garde quant à l’exigence « morale » développée dans les média à propos du coaching.

Je suis effrayé et souvent en colère par les multiples vidéos, ouvrages et formations au coaching qui ne sont qu’une succession de préceptes ou de recommandations qui, au final, développent une morale. Un vrai code des devoirs, nourri d’injonctions pour obtenir les clés du nouveau royaume céleste de l’épanouissement, de la réussite ou de la reconnaissance.

Le coaching n’est plus un accompagnement, il devient une ordonnance, nourrie de « tu dois » (au mieux « tu devrais ») et de « il faut que » (au mieux « il faudrait que »…). Gare à ceux qui ne sauront pas respecter les préceptes de cette nouvelle morale !

A la manière des exercices spirituels, plusieurs vidéos et ouvrages proposent des exercices qui modélisent, à l’opposé des expériences qui ouvrent à la nouveauté. Certes, ce marché de la morale de la réussite est porteur. La tentation est réelle d’être les prêtres de la bonne parole du succès ou de la performance.

C’est tellement plus facile que de pratiquer l’art délicat du coaching. Nous sommes aux antipodes du libre arbitre, de la singularité ou du respect des ressources et des limites de nos clients qui fondent le travail du coach. L’accompagnement relationnel que nous pratiquons n’est pas jalonné de préceptes. Il n’est pas un nouveau chemin de croix aux étapes obligées qui exigent obéissance pour arriver au nirvana final du succès, lui-même au service des exigences de performance et de rentabilité de l’entreprise. Il est une lente construction nourrie d’observations, de questionnements, d’interprétations, de désirs et d’imaginaires, d’expériences, de créativité. Les liens entre le coach et le coaché vont offrir un espace de reconnaissance, ouvrant au courage de la nouveauté et du changement.

Je crois essentiel – et en cela je défends mon métier de superviseur – de prendre le temps de nous interroger, en supervision et en covision sur notre anthropologie, notre éthique ou le sens du coaching. Qu’est-ce que je fais, pourquoi et comment ? Qu’est-ce que j’induis ? Et dans quelle intention ?

Le risque de la moralisation est bien là.

Jean-Paul SAUZEDE
Superviseur de coachs
Mars 2013 pour coach’abondance

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Jean-Paul Sauzède

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Un commentaire

  • BABINETle 18 mars 2013  

    Comment ne pas souscrire à ce questionnement de Jean-Paul Sauzede qui pose le sens profond de notre métier d’accompagnant.

    La morale nous propose un chemin bordé lorsque l’éthique ouvre un espace possible de rencontre ou la seule limite est l’éthique de l’autre.

    Accompagner signifie « prendre pour compagnon », notamment pour faire un déplacement en commun d’où l’idée, pour moi, d’un coach qui nécessairement « co-chemine » au coté de son client sur une subtile ligne de crête entre l’ontique et l’ontologique. Cette ligne de crête vaut pour les deux compagnons de route.

    C’est là ou la morale est rassurante, elle dicte ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire ; elle comble mais dans le même temps, elle soustrait au coach sa capacité d’être dans l’ouvert à l’accueil de l’autre dans la singularité de sa donation. Or, il ne peut y avoir d’intention préalable à cette donation car ce qui apparaît au coeur de la relation, ne peut apparaître que dans une absence (d’outils, d’a priori …).

    C’est toute la dynamique de la réceptivité qui est en cause ; comment en tant que coach, nous nous mettons en présence à l’autre qui peut alors se donner. La présence rend présent. Le mouvement est double, il vaut tant pour le coach que pour son client. Pour le coach l’enjeu est de taille, susceptible de donner le vertige car dans le rapport à l’autre, à la conquête de son altérité, le coach fonde son ipséïté et il n’y est pas toujours préparé. C’est en ce sens que travail thérapeutique et supervision sont indispensables.

    Il me semble qu’il devient alors possible de donner au coaching le sens plus spécialisé du verbe accompagner qui signifie, en musique, « jouer d’un instrument, en même temps que la voix ou un autre instrument assume la partie principale – Le Robert ».

    Merci encore pour votre billet d’humeur.

    Damien


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