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La petite fille aux allumettes

Ce conte bien connu nous est proposé par Christine Champougny-Oddoux, gestaltiste et psychanalyste jungienne, qui nous offre également son interprétation analytique.

Il était une petite fille qui n’avait ni père ni mère et vivait dans la sombre forêt. A la lisière des arbres, se trouvait un village. Elle pouvait y acheter pour un demi-penny des allumettes et les revendre dans la rue pour un penny. Si elle vendait suffisamment d’allumettes, elle s’achetait une croûte de pain, regagnait son grabat dans la forêt et s’endormait tout habillée dans les seuls habits qu’elle possédait.

L’hiver arriva. Le froid était extrême. Elle n’avait pas de chaussures et son manteau était si mince qu’on pouvait voir au travers. Ses pieds n’étaient même plus bleus, ils étaient blancs, tout comme ses doigts et le bout de son nez. Elle allait par les rues, demandant aux étrangers qui passaient s’ils ne voulaient pas lui acheter des allumettes. Mais nul ne s’arrêtait, nul ne lui prêtait attention.

Un soir, alors, elle se dit : « je peux allumer un feu et me réchauffer », mais elle n’avait pas de petit bois et pas de bois du tout. Elle décida néanmoins d’enflammer les allumettes.

Elle était là, assise, les jambes allongées devant elle. Elle craqua se première allumette et il lui sembla tout soudain que le froid et la neige avaient disparu. A la place des tourbillons de neige, elle vit une pièce, une pièce magnifique avec un grand poêle de céramique vert sombre et une porte de fer forgé. Le poêle émettait tant de chaleur que l’air, tout autour, semblait onduler. Elle se pelotonna près de lui. C’était divin.

Mais brusquement le poêle disparut. Elle était de nouveau assise dans la neige et claquait des dents sous la morsure du froid. Elle craqua sa deuxième allumette. La lumière éclaira le mur du bâtiment voisin et elle put voir au travers. Dans la pièce, derrière le mur, il y avait une table couverte d’une nappe immaculée, avec, sur cette nappe, de la vaisselle de la plus fine porcelaine. Sur un plat, une oie tout juste rôtie était posée. Au moment où elle tendait la main vers ce festin, la vision disparut.

Elle se retrouva dans la neige. Ses genoux et ses hanches ne lui faisaient plus mal. Le froid lui mordait maintenant les bras et le torse et elle craqua une troisième allumette.

Et, à la lumière de cette troisième allumette, elle vit un arbre de Noël magnifique, superbement décoré de bougies, de rubans et de boules de verre, où brillaient tant et tant de petites lumières qu’elle n’aurait pu les compter.

Son regard se porta vers le sommet de cet arbre monumental, qui montait de plus en plus haut, vers le plafond, jusqu’à se confondre avec les étoiles au-dessus de sa tête. Soudain, une étoile traversa le ciel, et elle se souvint de sa mère qui lui racontait que lorsqu’une âme meurt, une étoile tombe.

Alors sa grand-mère surgit du néant, si chaleureuse, si gentille ; l’enfant fut toute heureuse de la voir. La grand-mère souleva son tablier et y enfouit la petite fille qu’elle entoura de ses bras. L’enfant était bien.

Mais la grand-mère commença à s’évanouir. L’enfant craqua allumette sur allumette pour la garder auprès d’elle… encore et encore …. Et toutes les deux, la petite fille et sa grand-mère s’élevèrent ensemble vers le ciel, là où il n’y a plus ni froid, ni faim, ni douleur. Et au matin, entre les maisons, on retrouva l’enfant, immobile, partie pour toujours.

Transmis par XChristine Champougny-Oddoux :

La petite fille aux allumettes est sous l’emprise de l’ombre la déesse Perséphone. Comme elle lorsque Perséphone est aux commandes, nous sommes l’objet de nos rêveries stériles et sommes empêchées d’accès à nos instincts.

Si la petite fille du conte pouvait retrouver le chemin de ses instincts, d’autres choix s’offriraient à elle : changer d’endroit, rechercher activement un endroit chauffé, faire des demandes claires …

(… lire la suite dans le fichier PDF à télécharger ci dessous, et retrouvez « Femme et déesse, tout simplement« )

Télécharger le conte et le commentaire complet

 


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Un commentaire

  • Michèle Jungle 21 décembre 2012  

    J’ai retrouvé dans votre belle analyse, Madame, la même veine que celle de Clarissa Pinkola Estès — psychanalyste jungienne, elle aussi — quand elle nous donne « Femmes qui courent avec les loups », un livre qui s’adresse à la « loba » qui sommeille en chacune de nous… Merci pour ce conte revisité.

    Michèle Jung, psychanalyste… lacanienne.


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