Le projet coach'abondance a permis, de février 2012 à février 2016, de mettre à la disposition des professionnels de la relation des informations et articles qui concourrent à leur professionnalisation.
Le projet est clos, nous avons le plaisir de vous offrir les contributions singulières des auteurs qui ont contribué au projet.

Les trois frères

C’était un seigneur de village riche à foison, bon cœur, bel air. Le sabotier du bout du bourg était pauvre comme un caillou mais le monsieur l’aimait beaucoup. Tous deux étaient amis d’enfance. Si bien que le jour de janvier où l’épouse du miséreux accoucha de l’enfant de trop (ils en avaient une douzaine) le seigneur dit au sabotier :

– Ne t’inquiète pas, je l’adopte.

Il n’avait lui, que trois garçons.

– Merci bien.

C’était une fille. On la baptisa Marilou.

Elle grandit avec ses trois frères. Quand leur vint du poil au menton, un soir de giboulées d’avril, devant le feu du grand salon, le vieux père dit à ses fils :

– Vous aimez notre Marilou ?

– Évidemment, quelle question !

– Sachez donc, mes beaux garnements qu’elle n’est pas vraiment votre sœur.

– Bonne nouvelle, je l’épouse !

– Moi aussi !

– Non c’est moi l’ainé !

Fiévreux, impatients, intenables, émerveillés, parlant ensemble, ils assaillirent le fauteuil où leur père rougeaud, rieur, tentait de les tenir au large.

– Holà, du calme les enfants. Avant que votre cœur explose, puisque la mèche est allumée, voici ce que je vous propose. Allez tous les trois à Paris, cherchez et trouvez le cadeau que vous jugerez digne d’elle et revenez chez nous avec. C’est Marilou qui choisira.

Les voilà aussitôt partis à la ville aux mille boutiques. Sous le portail de Notre-Dame:

– Séparons-nous là, dit l’aîné. A chacun ses rues et sa chance. Rendez-vous ici dans trois jours.

Troisième  matin, midi juste. Chacun s’en vient sur le parvis.

– à moi Marilou, dit l’aîné. Je crois que le sort me désigne. J’ai rencontré la nuit dernière sous un lampion un vieux cocher qui n’avait plus qu’une heure à vivre. Il m’a dit «  soit le bienvenu, j’allais mourir sans héritier. Tu crois ma voiture banale, mais elle cache son jeu, fiston. Elle est magique, et pas qu’un peu. Tu montes dedans, tu dis ouste, et elle te porte en un clin d’œil où tu désires te trouver. Elle est à toi. Adieu, bon vent. »

– Pas mal, pas mal, dit le deuxième. Mais écoute un peu ma chanson. Moi, hier soir, dans une rue noire, j’ai trébuché sur un voleur qui venait de cambrioler le grenier d’un maître astrologue. Il m’a grogné : « Tu tombes bien. Un télescope pour trois sous, presque neuf, tu fais une affaire. » Je l’ai acheté. Le voici. Chance pour moi, mes bons amis, sa valeur est inestimable. Il permet de voir d’ici-bas jusqu’à la plus lointaine étoile. Ainsi j’aperçois à l’instant le visage de Marilou. Elle regarde par la fenêtre, elle soupire. Elle rêve de moi. Et toi frérot, qu’as-tu trouvé ?

– Moi ? Trois pommes, dit le cadet. J’ai rencontré hier une vieille. Ses fils l’avaient abandonnée, elle en était mélancolique. Je lui ai tenu compagnie. Ce matin quand je l’ai quittée, elle les a fourrées dans ma poche. Elle m’a dit : «  Ne les mange pas, garde-les pour l’heure fatale. Elles guérissent tous les poisons. Même un pied dans la nuit des morts elles ramènent qui mord dedans à la lumière des vivants. »

Ils s’en allèrent visiter, le nez au vent, la capitale. Enfin comme le soir tombait, fourbus, contents :

– A la maison ! dit l’aîné. Mes frères, en voiture !

– Attends, dit le deuxième, attends que je voie si la soupe est prête !

Il mit l’œil à sa longue-vue, fit « ho » puis «  ha » puis :

– Catastrophe ! Père  et mère sont dans leur lit, Marilou est couchée par terre, ils agonisent, ils vont mourir !

L’aîné dit « ouste » à sa voiture. Les voici aussitôt rendus. Le cadet fonce dans la chambre. Une pomme pour Marilou, les deux autres pour ses parents. Les voilà sauvés. On respire, on s’embrasse, et l’on va dîner. Au dessert :

– A qui Marilou ?

L’aîné désigne sa voiture. Elle est là, au pied du perron. Le deuxième sort de son sac sa longue-vue bien astiquée et le cadet tend ses mains nues. Marilou les prend et les baise.

– Au meilleur des hommes, dit-elle. A celui qui a tout donné sans rien garder pour son salut. Pas d’objection ?

Chacun se tait. Le conteur aussi. Bonne nuit.

Transmis par Marie-Laure Dix-Neuf :

A propos du choix de ce conte …

C’est un conte choisi pour COACH ABONDANCE, en suivant scrupuleusement le protocole d’utilisation de ce recueil, « Le livre des chemins » – Contes de bon conseil pour questions secrètes.

Comme le conseille Henri GOUGAUD, conteur enchanteur, j’ai mis ma main gauche sur ce livre, et ai mobilisé mes pensées sur cette œuvre qu’est « Coach Abondance», sur ses initiateurs, ses contributeurs, ses participants… ; j’ai attrapé l’un des trois stylets accrochés à l’ouvrage, je  l’ai  enfoncé au creux du livre au hasard (!) et ai découvert ce conte « les trois frères », magique !

Vive Coach Abondance !

Télécharger le conte


Cliquez sur ce lien pour visualiser le fichier : Les trois frères

Si vous avez aimé cet article, pensez à le partager :
Les trois frères

Merci de nous laisser un message sur le

Articles suggérés

Va-t’en ! – François Delivré
François Delivré
“A toutes les femmes et à leurs hommes, ce conte se suffit à lui-même, se passe de commentaire. Merci à François ...
Le Café de la Paix – François Delivré
Le Café de la Paix
François Delivré nous a fait le plaisir d’ouvrir, avec « Le Palier« , la boucle des contes publiés par coach’abondance. Nous le remercions ...
La Montagne aux trois questions
La Montagne aux trois questions
Ce conte du Vietnam nous est proposé par Flavienne Sapaly-Penjon, coach et psychothérapeute jungienne, qui nous offre également son interprétation analytique. ...
Le lion qui croyait être un mouton
Le lion qui croyait être un mouton
Un lion est élevé par des moutons. Il se croyait donc être lui aussi un mouton jusqu’au jour où un vieux ...
Christmas without Mary – Siddhartha
Siddhartha
In recent years I think of Mary each Christmas. George Bernard Shaw once said that Christianity might be a good thing ...

Un commentaire

  • John NTALEMWAle 8 août 2013  

    Conte riche en couleurs et en enseignement tant pour le coach que le coaché.
    S’oublier pour l’autre, pour les autres !
    Donner le meilleur de soi à l’autre, aux autre !
    Merci


Tous droits réservés : coach'abondance © 2012-2016